La question de l’amour (neuf questions posées à la poésie). Colloque à la Maison de la Poésie de Paris, octobre 2006

Embryonnaire :

Aussi bien la question de la transe aurait pu me convenir (connaissance, énergie, jubilation) et la 3 (la question de la pensée : philosophie, sublimation, transcendance)… Toujours me réserve-t-on crois-t-on la meilleure part, celle de l’amour. La Femme lit – si on sait lire – me sortira de cela d’enfermant à la fin, cette question infinie du sexe du pourquoi du sexe cru chez une femme.

La question du terme « érotique » ? Lui préférer « sexualité » ? « amour » ? « Erotique » a comme visée scabreuse, intentionnelle de troubler l’autre, de le séduire, mais pas « sexualité », terme biologique ou sociologique ; qu’est-ce que je cherche lorsque j’écris « sexuellement », « avec » mon sexe ? A séduire l’autre, à me faire aimer de lui, d’elle ? Ou bien alors à exprimer dans la plus grande liberté le désir large universel panthéiste, et le plaisir qui s’ensuit, l’épanchement ? Ou bien encore je ne cherche rien, pas à prouver, à écrire selon moi à partir de mes propres émerveillements, fussent-ils sexuels, sans souci de l’autre, du lecteur, de la lectrice ?

La sexualité chez moi participe d’un mouvement vital, d’une dynamique. Je n’en fais pas une spécialité.

Charger/ décharger, voilà le projet avoué et respectable somme toute de la littérature porno, écrire le plus efficacement possible pour amener le lecteur / la lectrice à l’orgasme. C’est dire si on est loin d’un travail d’élaboration de la langue.

Amour, sexualité, érotisme… on touche là à quelque chose d’essentiel, bien sûr et de seriné. Qui pose la question de la condition humaine, du rapport au monde et à l’autre. Il s’agit d’une représentation de la relation puisque cela passe par le langage, mais troublée du fait que cela est aussi sensible, le fruit d’une expérience physique. Le langage retrouve ce qui est perdu, permet de restituer quelque chose de l’instant, du désir, de la jouissance.

Mais c’est chez moi pris dans un réseau plus complexe et plus sombre quoique solaire aussi (une énergie solaire travaillée par le sombre).

A part quelques textes directement adressés à des hommes aimés, et pour lesquels donc j’ai écrit, et dans une intention manifeste de séduction violente ou de réaffirmation, auxquels en faisant cela – qui est un acte fort – j’ai prouvé mon amour brûlant, en ai témoigné, l’essentiel de mon travail ensuite a porté sur une sorte d’écriture du désir, sans objet, tendu dans toutes les directions.

J’espère que l’on pourra dépasser cette question de la sexualité et que les critiques s’intéresseront à autre chose, au travail de la langue proprement dit, par exemple.

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